Après quelques semaines où les jours défilent, les arrivées des touristes-amis-parents de passage à Istanbul m'ont un peu pris du temps. Trop de temps. Mais c'est aussi l'occasion de redécouvrir "sa" ville, de sortir un peu plus, de voir de nouvelles choses et d'avoir un autre regard sur Istanbul, un regard neuf que je n'ai plus...
Est-ce à dire que je me suis intégré à cette ville gigantesque? J'aimerais dire oui, en disant que j'ai mon petit train-train quotidien pour aller à mon stage. Réveil à 9H, Simit (sorte de Bretzel, mais en meilleur). Arrivée 9h30, c'est le mois d'août, plus grand chose à faire. Puis thé turc. Déjeuner le midi et départ à 17H30.
Bon, là je commence mal mon article.
Lundi dernier, les tarifs des transports ont augmenté, et je me suis surpris à gueuler contre l'IETT (la régie des transports d'Istanbul) comme... un vrai Stanbouliote. Putain, les deux validations sont passées de 2,5 TL à 2,75 TL (hausse de 10 centimes d'euros pour deux voyages). Bon, OK, c'est pas la mer à boire, mais ça fait toujours ch... J'ai même réussi à discuter dans le bus avec les gens, se plaignant de l'inflation, qu'Istanbul devenait trop chère. Et oui ma p'tite dame, que voulez vous, c'est comme ça.
Moi, avec mon indemnité de stagiaire, j'ai l'impression d'avoir le train de vie d'un expatrié. Enfin à peine hein, faut pas déconner. Mais disons que je touche l'équivalent du salaire moyen turc avec mes 417 euros d'indemnités de stage mensuels. Et le coût de la vie est assez bas. En plus la Lire turque vient de dégringoler face à l'euro, donc je n'ai pas à me plaindre.
Bref, après avoir appris quelques mots de turcs, je retrouve ce plaisir de parler à n'importe qui. De se savoir étranger, de pouvoir échanger et être pris pour autre chose qu'un touriste de passage. De pouvoir même renseigner les Stanbouliotes sur les bus et les derniers horaires des bateaux, en leur expliquant que oui, je suis étranger, mais que j'habite ici. Que je ne suis pas vraiment de passage (en tout cas, plus que les touristes qui ont envahi la ville en ce mois d'août). Même si au final, je ne suis pas un "vrai" Stanbouliote.
Mais globalement, c'est trop tard. Je sais que dans quelques semaines, je serai gentiment poussé vers la sortie et un avion me ramènera en France où on me demandera si c'était bien poliment. Et je ne saurai pas quoi dire. Peut-être un truc du genre, "ouais, c'était énorme!" ou "j'ai appris plein de trucs avec mon stage", "j'ai fait des soirées un peu mondaines où je n'avais jamais eu ce rapport à l'argent, j'ai serré la main à Adriana Karembeu", des trucs comme ça.
Ce que je ne dirai pas, c'est que les rencontres étaient assez maigres, que je me suis réfugié derrière les personnes (turques et étrangères) qui parlaient anglais et français. Bref, j'aurais vécu comme un expatrié. J'exagère peut-être un peu car j'aurais quand même rencontré des personnes formidables, mais bon...
Peu de temps pour le faire aussi. L'année dernière il m'arrivait de passer une après-midi chez mon marchand de légumes ou à discuter et prendre le temps de vivre. Cette année, je ne l'avais pas. Pour faire mes rares voyages, je devais compter les heures, pas les jours.
Enfin bon, je ne vais pas faire mon blasé de la vie, il me reste quand même un peu plus de 3 semaines pour profiter, et ce que j'ai vécu jusqu'à présent était plutôt sympa. J'aurais une semaine fin août pour dévouvrir des coins de Turquie dont je rêve depuis des mois. Je ne manquerai pas de raconter ce voyage. Ce sera le dernier avant la rentrée.
En attendant de reprendre la route, je fais un peu de pub pour Théo, jeune padawan fraichement débarqué à Beer-Sheva en plein milieu du Néguev en Israël. http://beershevamevoila.over-blog.com/
Il signe un premier article d'une grande classe... Et je meurs d'envie d'y aller un jour après avoir fait le tour de ce pays.
Et Alexandre, dans un autre style, chez les Coréens. Autre pays émergent inconnu ou presque pour nous (c'est loin...), mais qui se révèlera très intéressant http://aupaysdumatincalme.over-blog.net/







